Les différentes classes du DPE (Diagnostic de Performance Énergétique)
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) constitue un élément essentiel dans l'évaluation de l'efficacité énergétique des logements en France. Ce document officiel permet d'identifier la consommation énergétique d'un bien immobilier et son impact environnemental, offrant ainsi une vision claire des performances thermiques du bâtiment.

L'essentiel sur les classes du DPE
- Les classes DPE vont de A (logement économe) à G (passoire thermique).
- Ce diagnostic est obligatoire lors d’une vente ou d’une location.
- Les classes A à D indiquent une bonne efficacité énergétique.
- Les classes E à G nécessitent souvent une rénovation importante.
- Le calcul repose sur la consommation d’énergie et les émissions de CO₂.
Définition et objectifs du DPE
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est un outil d'évaluation qui mesure l'efficacité énergétique d'un bâtiment ou d'un logement en France. Il attribue une notation allant de A (très efficace) à G (inefficace), basée sur la consommation d'énergie et les émissions de CO2 du logement.
Ce diagnostic s'inscrit dans le cadre de la politique énergétique européenne qui vise à réduire la consommation d'énergie des bâtiments. Obligatoire pour toute vente ou location de propriété, le DPE est valable pendant dix ans et doit être réalisé à l'initiative du propriétaire. Il est ensuite intégré dans le dossier de diagnostic technique (DDT).
L'objectif du DPE est triple :
- informer les propriétaires, acheteurs potentiels ou locataires sur l'efficacité énergétique d'un logement, sa capacité à minimiser les pertes de chaleur et à limiter les factures énergétiques ;
- encourager la rénovation énergétique des bâtiments les plus énergivores (étiquettes F et G du DPE), c'est-à-dire les logements qui consomment le plus d'énergie et/ou émettent le plus de gaz à effet de serre ;
- atteindre les objectifs de la politique énergétique européenne, qui vise la réduction des consommations énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre afin d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.
Le DPE est donc un outil indispensable qui peut marquer le point de départ d'un plan de travaux de rénovation, approfondi et détaillé par un audit énergétique.
Les différentes classes DPE
Présentation de la classification énergétique (A à G)
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) comporte 7 classes : A, B, C, D, E, F et G. Cette classification, également appelée "étiquette énergie climat", permet d'évaluer rapidement la performance énergétique d'un logement.
Afin de faciliter la lecture et la compréhension du classement des DPE, la "note" (ou classe énergétique) est exprimée sur la base d'un système de lettrage composé des sept premières lettres de l'alphabet, où :
- la classe A correspond aux logements les plus performants, avec une empreinte carbone minimale ;
- la classe G désigne les logements les plus énergivores, communément appelés "passoires thermiques".
L'efficacité énergétique d'un logement est jugée satisfaisante lorsqu'il reçoit la classe énergétique A, B, C ou D. En revanche, s'il est noté E, F ou G, l'on considère alors que ses performances énergétiques sont insuffisantes et qu'il produit trop de gaz à effet de serre.
Tableau des classes DPE : échelles, seuils et couleurs
Pour renforcer la lisibilité des notes du DPE, l'échelle de référence s'accompagne de couleurs, du vert pour la meilleure performance énergétique au rouge pour la moins bonne.
| Classes énergétiques | Consommation énergétique annuelle | Émissions de gaz à effet de serre annuelles | Performance du logement |
|---|---|---|---|
| A (vert foncé) | < 70 kWh/m² | < 6 kg CO2/m² | Bâtiment extrêmement performant |
| B (vert) | 70 à 110 kWh/m² | 6 à 11 kg CO2/m² | Bâtiment très performant |
| C (vert clair) | 110 à 180 kWh/m² | 11 à 30 kg CO2/m² | Assez performant |
| D (jaune) | 180 à 250 kWh/m² | 30 à 50 kg CO2/m² | Consommation moyenne |
| E (orange clair) | 250 à 330 kWh/m² | 50 à 70 kg CO2/m² | Énergivore |
| F (orange) | 330 à 420 kWh/m² | 70 à 100 kg CO2/m² | Passoire thermique |
| G (rouge) | > 420 kWh/m² | > 100 kg CO2/m² | Passoire thermique |
Ce tableau présente les seuils de consommation d'énergie primaire et d'émissions de gaz à effet de serre pour chaque classe DPE. Ces valeurs sont cruciales pour déterminer la performance énergétique d'un logement et les mesures à prendre pour l'améliorer.
Signification des lettres du DPE
Le diagnostic de performance énergétique détermine l'étiquette énergétique d'un bâtiment. Cette étiquette "énergie climat" comporte deux volets : l'un restitue la consommation énergétique du logement et l'autre les émissions de gaz à effet de serre.
Classe DPE A : logement économe
Un logement classé A affiche une consommation inférieure à 70 kWh/m²/an et des émissions inférieures à 6 kg de CO₂/m²/an. Cela équivaut à 7 litres de fioul par m² et par an - un niveau d'efficacité jusqu'à 8 fois supérieur à celui d'un logement moyen.
L'impact financier d'un DPE A se mesure d'abord aux économies substantielles réalisées sur les factures d'énergie. D'après le guide officiel de l'ADEME, le coût annuel de l'énergie pour un logement de 100 m² peut dépasser 2 000 € pour un DPE D (classe moyenne du parc français), contre moins de 800 € pour un DPE A. La différence représente une économie estimée de 1 300 à 1 650 € par an, à consommation conventionnelle équivalente.
Les logements de classe A correspondent généralement aux bâtiments BBC (Bâtiment Basse Consommation). Seulement 3% des habitations en France atteignent cette classe énergétique, principalement des constructions récentes. Entre 2013 et 2021, 17% des nouveaux logements présentaient une classe énergétique A.
Classe DPE B
Un logement obtient un DPE B lorsqu'il consomme entre 70 et 110 kWh/m²/an et émet entre 7 et 11 kg CO2/m²/an. Une maison DPE classe B répond aux exigences de la RT 2012 qui repose sur la construction de bâtiments BBC (Bâtiment Basse Consommation) et présente donc d'excellentes performances.
Pour illustrer les économies réalisables, un studio de 20 m² présentant une consommation annuelle moyenne de 75 kWh/m² utilisera 1350 kWh d'énergie, soit environ 150€ d'électricité pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire hors abonnement.
Les logements de classe B sont généralement des constructions récentes ou des bâtiments ayant fait l'objet d'une rénovation énergétique complète. Ils bénéficient souvent de chauffages très performants, d'une isolation thermique renforcée, d'une bonne étanchéité à l'air et ont fréquemment recours aux énergies renouvelables.
Classe DPE C
Un logement classé C sur une étiquette de diagnostic de performance énergétique consomme entre 110 et 180 kWh/m² par an et émet entre 11 et 30 kg CO2/m²/an. Globalement, ce classement correspond à des constructions relativement économes en énergie.
Cette classe énergétique est attribuée à des logements récents, performants au point de vue énergétique. À partir de cette classe, le logement n'est plus impacté par les mesures de la loi Climat et résilience.
En pratique, la classe C correspond principalement aux constructions neuves ou récentes disposant d'un chauffage central au gaz ou au fioul. À partir de 2001, ce sont les logements classés C qui ont été majoritairement bâtis, reflétant l'amélioration des normes de construction en matière d'efficacité énergétique.
Classe DPE D : la classe la plus répandue
En France, le DPE de classe D est majoritaire sur l'ensemble des résidences principales : 34% environ contre 24% pour les DPE E, 18% pour les DPE C, 11% pour les DPE F et moins de 10% pour les autres classes énergétiques. Cela représente plus de 9,8 millions de logements occupés au titre de résidence principale.
Un appartement ou une maison classée D consomme entre 180 et 250 kWh d'énergie primaire par m² et par an et rejette 30 à 50 kg de CO2 par m² par an dans l'atmosphère.
Pendant les années 1989 à 2000, 44% des logements construits disposaient d'un DPE classe D. À partir de 2001, ce sont les logements classés C qui ont été majoritairement bâtis. La construction de logements classés D a brutalement chuté à partir de 2013 au profit de biens classés A, B ou C.
Dans la très grande majorité, les logements affublés d'une étiquette énergie D sont de superficie supérieure ou égale à 60 m², une tendance observée chez toutes les classes énergétiques précédentes (A, B, C) et qui s'inverse sur les suivantes (E, F, G).
Classe DPE E
Les logements classés en lettre E par leur diagnostic de performance énergétique sont particulièrement fréquents. Cette catégorie concerne les habitations consommant entre 250 et 330 kWh/m² par an et émettant entre 50 et 70 kg de CO2/m²/an, soit une consommation relativement importante.
Cette classe énergétique caractérise des bâtiments à la limite de la passoire thermique. D'importants travaux de rénovation thermique sont à programmer pour ces logements.
En pratique, cette catégorie correspond le plus souvent à des habitations construites avant les années 70 ou à des logements anciens disposant d'un chauffage électrique. Ces logements représentent environ 24% du parc immobilier français.
Classe DPE F
Le classement d'un logement en lettre F sur une étiquette de diagnostic de performance énergétique signifie que l'habitation consomme une quantité importante d'énergie. Cette catégorie concerne les logements consommant entre 330 et 420 kWh/m² sur l'année et émettant entre 70 et 100 kg de CO2/m²/an.
Ces logements sont considérés comme des passoires thermiques. Ils caractérisent souvent des constructions anciennes datant des années 50 ou 60. Le plus souvent, des travaux d'isolation et/ou le remplacement du système de chauffage permettent d'améliorer la performance énergétique du logement de façon notable, et notamment de passer de la classe F à la classe E.
Les logements de classe F représentent environ 11% du parc immobilier français. Cette catégorie de logements est particulièrement ciblée par les mesures de la loi Climat et résilience qui vise à éliminer progressivement les passoires thermiques du marché locatif.
Classe DPE G : passoire énergétique
Sur une étiquette de diagnostic de performance énergétique, le classement en lettre G concerne les logements les plus consommateurs d'énergie. Cette catégorie regroupe les constructions les moins performantes, à savoir celles consommant plus de 420 kWh/m² sur un an et émettant plus de 100 kg de CO2/m²/an.
Ces bâtiments sont qualifiés d'extrêmement peu performants. C'est la plus mauvaise note du classement. L'habitation est généralement très ancienne et n'a pas été rénovée. Une rénovation globale s'impose pour ces logements.
En pratique, la lettre G concerne dans la grande majorité des cas des logements (très) anciens, particulièrement mal isolés. Ces bâtiments sont les premiers concernés par les interdictions de location progressives prévues par la loi Climat et résilience.
Comment est calculée la classe DPE ?
Depuis l'entrée en vigueur du nouveau DPE, la méthode 3CL (Calcul de la consommation conventionnelle des logements) est la seule qui permette de déterminer le DPE en cas de vente ou location immobilière. Elle se fait à l'aide d'un logiciel certifié par l'Ademe (Agence de la transition écologique).
Pour calculer la classe énergétique, on utilise la formule suivante :
Calcul de la classe énergétique = Consommation annuelle en kWh d'énergie primaire / surface du bien
Cet indicateur s'exprime en kWhEP/m²/an. La plupart des ménages français consomment entre 251 et 330 kWh/m²/an (classe E).
De même, pour calculer l'étiquette climat, la méthode est la suivante :
Calcul de l'étiquette climat = émissions annuelles de CO2 / surface du logement
Pour réaliser ces calculs, le diagnostiqueur prend en compte plusieurs éléments :
- la surface habitable du logement (SHAB) et, le cas échéant, des vérandas chauffées ;
- les ponts thermiques entre les parois lourdes (murs, plancher bas, plancher haut, mur porteur, menuiseries) ;
- le degré d'isolation du logement, fonction de son année de construction et des normes en vigueur à cette époque.
Certains éléments ne sont pas pris en compte dans le calcul du DPE :
- les cloisons, murs ou trémies ;
- les espaces extérieurs ;
- les zones non chauffées ;
- les espaces dont les plafonds sont inférieurs à 1,80m de hauteur.
La classe énergétique finale attribuée au logement dépend du résultat le plus défavorable entre la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Ce double critère permet d'obtenir une évaluation plus précise et plus juste de la performance énergétique réelle du bâtiment.
